Mercredi 16 décembre 2009
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de Michel Onfray
"Partir, emboîter le pas des bergers, c'est expérimenter un genre de panthéisme extrêmement païen et retrouver la trace des dieux anciens [...]. L'élection de la planète tout entière pour son
périple vaut condamnation de ce qui ferme et asservit : le Travail, la Famille et la Patrie, du moins pour les entraves les plus visibles (...). Asocial, insociable, irrécupérable, le nomade
ignore l'horloge et fonctionne au soleil ou aux étoiles, il s'instruit des constellations et de la course de l'astre dans le ciel, il n'a pas de montre, mais un œil d'animal exercé à distinguer
les aubes, les aurores, les orages, les éclaircies, les crépuscules, les éclipses, les comètes, les scintillements stellaires, il sait lire la matière des nuages et déchiffrer leurs promesses, il
interprète les vents et connaît leurs habitudes. Le caprice gouverne ses projets."
Il n'est guère étonnant que le chantre de l'hédonisme est consacré un ouvrage au voyage. Deux concepts qui vont tres bien ensemble. Michel Onfray s'embarque ici dans des envolées lyriques et
poétiques. Il défend l'idée du désir du voyage par les mots, du voyage hors du couple. Il décrit en tout cas bien ces ressentis de l'avant du pendant et de l'après. Un ouvrage qui parlera au
passionné du voyage.
Morceaux choisis:
"La passion du voyage ne quitte pas le corps de qui a expérimenter les poisons violents du dépaysement, du corps élargie, de la solitude existentielle"
"La multiplicité des paysages fait pièce à l'unicité des villes, le divers disparait des mégalopoles mais ne quittera jamais les rizières asiatiques, la baie d'Along, la toundra
sibérienne..."
"Le voyage fournit en effet une occasion d'élargissement des cinq sens: sentir et entendre plus vivement, regarder et voir plus intensément, gouter et toucher avec plus d'attention, le corps en
émoi enregistre plus de données que d'habitude. Voyager met en demeure de fonctionner à plein sensuellement."
"L'art du voyage induit une éthique ludique, une déclaration de guerre au quadrillage et au chronométrage de l'existence. La cite oblige a la sédentarité lisible grâce à une abscisse spatiale et
à une ordonnée temporelle. Le nomade, lui, refuse cette logique qui permet de transformer le temps en argent et l'énergie en monnaie"
"Quand il se met sur la route, il obéit à une force qui, surgir de son ventre et du tréfonds de son inconscient, le pose sur le chemin, lui donne l'impulsion et lui ouvre le monde comme un fruit
exotique"
Par Fabrice
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Publié dans : Lectures
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Ajouts de vies