Galerie photos



Vente de tirages
originaux

sur Ebay!

Jetez-y un œil !:-)





MA GALERIE PHOTOS:







A propos...

 
Creative Commons License
Ce/tte création est mis/e
à disposition sous un

contrat Creative Commons.

RSS

  • Flux RSS des articles

Rechercher

Indochine 2009

Vendredi 13 février 2009

Mr.Chan est dans le retraitement des dechets, il les expedie au Cambodge pour y etre traite, main d’oeuvre bon marche oblige. Voila un secteur qui ne connait pas la crise. Ce chinois natif du Cambodge vit en France depuis la prise du pouvoir par les Khmers Rouges en 1975. Sa famille a alors fuit en Thailande, 2 jours avant la fermeture des frontieres par les nouveaux maitres du pays. 2 jours seulement...Mr Chan se rend frequement au Cambodge pour affaire. Mr Chan a le rire facile, hormis lorsqu’il lit les pages economie du Bangkok Post. Mr Chan est mon voisin sur ce vol de la Thai, de la famille l’attend a l’aeroport et il me propose de me deposer au centre de Phnom Penh. Voila un periple qui commence bien! Suor sdei! Bienvenue en langue khmer!


Je vous passe les premiers moments quelque peu assomme par le decalage et la lourde chaleure, 30 degres a l’ombre directe, bonjour l”amplitude thermique! Genre un peu l’mpression de rentrer dans un four! Ok je vais pas me pleindre, cela change du froid parisien! Phnom Penh a aussi son Kao san road locale, quartier aseptise pour routards qui ne veulent pas etre trop deroute. Il y a encore heureusement un sacre fosse entre Boeng Kak et la mecque des travelers asiatique a Bangkok. Par facilite, je m’y pose, profitant au passage de la terrasse de la Guest house donnant sur le lac de la capitale.

 

L’interet principal de Phnom Penh a trait au genocide perpetre par les Khmers rouges entre 1975 et 1979. Des visites sous le signe de l’horreur et du macabre. La visite de la prison S-21 offre un apercu effroyable des sevices infliges aux ennemies de la revolution. Pol Pot et compagnie n’ont pas a rougire de la comparaison avec les nazis. Le plus marquant a mes yeux  ce sont les vetements des victimes sortant encore du sol des killing fields. Plus que les os ou les montagnes de cranes, ces vetements en lambeaux rappellent que le genocide de ces deux millions de personnes est tout pres de nous dans le temps. A cote la visite du Palais Royal me parait superficiel...

 

Je quitte volontier l’agitation bruyante de la capitale pour Kampot, une petite ville sur la cote sud du pays. Loin de la foule de PP, la tranquilite paisible du Cambodge se goute ici pleinement, a petites bouchees. Entre la visite des grottes de Kampot et la belle plage de la station balneaire de Krep et ses fruits de mer, je passe des heures a jouer au volley-ball avec des enfants au hasard de la route. Leurs eclats de rire devant le trentenaire essoufle par la chaleure que je suis est contagieux. Entre deux parties, j’apprend quelques mots de khmers en echange de cours de francais, specialite tourisme. Je suis peut-etre un bon prof mais en tant qu’eleve, c’est une autre paire de manche! Plaisir enivrant de laisser sur sa droite l”ocean et de l”autre cote les champs et les vertes collines . En moto, la chaleure se transforme en une agreable caresse tropicale. Un massage cloture cette eprouvante journee...Trop bon, je sent que je vais prevoir un budget specialement pour cela!

 

Et voila, je craint que le demon de l’aventure n’ai pris a nouveau possession de moi...Cette vieille connaissance me chatouillait depuis un moment, les conditions sont reunies, le voila de retour. Qui a dit que les demons sont forcement malefiques?


 

Les photos sont ici:

http://www.flickr.com/photos/travelspics/

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 20 février 2009

Imaginez une ile aux plages vierges, sans beton ni touristes. Imaginez une eau si chaude que vous y rentrez sans la moindre hesitation. Imaginez des plages de sables fins, une eau limpide. Imaginez une ile recouverte d’un manteau vert luxuriant et dominee par des montagnes aux promesses inexplorees. Cela ressemble un peu au paradis pas vrai? Et bien si c’est le cas, l’ile de Ko Kong serait en bonne place pour postuler! A 2 heures en bateau de Krong Koh Kong, a l’extreme sud-ouest du Cambodge pres de la frontiere thailandaise, cette ile a su , pour l’heure, rester a l'ábri du tourisme de masse qui a gagne, gangrene diront certains, les autres iles du Golfe de Siam. Eric a bosse longtemps en Thailande et depuis peu il s’est installe ici. Pour lui, le Cambodge c’est la Thailande d’íl y a 30 ans. Encore peu de touristes, des gens tres souriants et calmes. De l’appercu que j’avais eu de la Thailande, je suis de son avis. Le potentiel touristique, specialement dans ce coin, est enorme. Quelques etrangers se sont deja installes ici, il faut dire qu’a 200, 300 dollars la location d’une grande maison, cela laisse reveur...Quand je pense aux rapports prix-surface a Paris, arghhh!!J’ai d’un coup une vocation de tenancier de pub qui pointe...

 

Snorking, l’ocean et en plus le massif montagneux des Cardanomes a proximite. Je sais pas pourquoi, j'aime comme sonne ce nom. Plusieurs reserves naturelles font de cette region l’un des ecosystemes les plus preserves d’Asie. La jungle est encore ici peu marquee par l’homme. J’avais dans l’idee de traverser les Cardanomes en moto sur plusieurs jours mais les echecs de motards confirmes ont vite calmer mes hardeurs. Du coup, je me suis replie sur une ballade en scooter sur la premiere partie asphaltee, avec Mani un coreen qui s'est pris d'affection pour moi depuis 2 jours,  . C'est certes moins glamour mais deja le paysage vaut son pesant de cacahuetes! Chaque soir, le soleil couchant sur la Mangrove est un spectacle. Dans les dernieres secondes, l'astre declinant se part d’etonnantes teintes jaunes, rouges, et oranges.


Retour a Phnom Phen. L'agitation frenetique de la capitale contraste avec le calme du sud. D'avantage de touristes, les Tuk-Tuk et autres moto dop se font plus insistants. Notamment autour du Capital Guest House, l’etablissement le plus ancient de la ville, une vrai usine a  backpackers. Pas mal d’etrangers vivent aussi ici dont 3600 francais. Au Centre Culturel Francais je retrouve mon ami Oliver et sa copine Aline. Celle-ci, cambodgienne d'origine, participe a une exposition sur l'origamie, art asiatique s'il en est.C'est une pointure dans le donaine, de meme que Manaki un sympathique japonais francophile. Ils ne sont la que pour deux semaines, je mesure ma chance d’avoir devant moi tant de temps. Une denree precieuse. Pour l’heure, nous fetons nos retrouvailles…


De nouvelles photos!




ps:pas d'accents en raison du clavier...
Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 22 février 2009
Jamais sans doute un pays n’a aussi bien merite son surnom. Tout ici n’est que sourire. Les cambodgiens le porte conmme une seconde peau. E le sourire appelle le sourire!Sur qui que se soit que se porte votre regard, il rencontrera un sourire. C’est agreable autant qu’un bon massage khmere!

Au milieu du majestueux Mekong qui a tant nourri les reves des aventuriers de naguere, l’ile de la soie. Les villages de cette ile toute en longueur vivent essentiellement de…bon vous aurez compris! Chaque maison a son metier a tisser. Une plage vous permet avec ses paillotes d’avoir les pieds dans l’eau tout en savourant un delicieux poulet riz que l’on vous amene. Boissons fraiches, quelques brasses dans le Mekong…un havre de paix a quelques pas de la capitale. Des vendeuses viennent nous proposer leur Kromas. Cette piece de tissu a carreaux est traditionnellement utilisee pour servire de protection contre le soleil, la poussiere ou...de serviette. Bref, un tissu multifonction! Les jeunes vendeuses restent d’abord a l’ecart puis peu a peu nous sympathisons. J’apprend a compter jusqu’a vingt, elles font de meme en francais. Un plaisir. La plus jeune, a peine 10 ans, a vraiment des jolis traits. C’est aussi la seule a arriver a prononcer correctement mon nom!

Compare a l’Inde, je trouve l’experience cambodgienne moins forte, moins intense. L’Inde vous bouscule plus, vous destabilise bien d’avantage. L’Inde c’est les superlatifs, plus de couleurs, de masse humaine, d’odeurs etc...Ici c’ést le zen qui domine, une douce quietude. Les Cambodgiens sont plus souriants et moins lourds vis a vis de l’argent alors que bien souvent les indiens vous voient comme une carte Visa sur pattes. PP est, a l’echelle de l’Asie, une petite ville. Ils ont plutot le rire facile, en cela c’est un peu les Africains de l’Asie je trouve. Deux millions d’habitants au carrefour du Mekong et du Tonle Sap. Il ne faut pas beaucoup de temps pour se reperer dans la ville, entre les grandes arteres et les principaux monuments. La “perle de l’Asie” d’avant la revolution khmere est en pleine essort. Je revois avec plaisir une vieille connaissance du Nigeria, il n’a pas change hormis sa voiture, une grosse Luxus…Interessant de discuter avec lui sur le pays…. J’ai vite fait la connaissance de quelques residents et a vrai dire je suis un peu tombe par hasard sur la communaute gay de la ville! Et je ne suis pas au bout de mes surprises…Vous l'aurez compris je m'eclate!!!!!!!!!!

 http://www.flickr.com/photos/travelspics/

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 25 février 2009

Des perles de sueurs roulent sur des corps secs et muscles. Tendus, ils se font face, guettant le moment opportun pour attaquer. Leur jeu de jambe est saisissant tant au niveau de la vitesse que du mouvement rythme sur la musique. Voila, en un eclaire, ils ont projete leur pieds et leur poings accompagnes  par la clameure de la foule. Manu m’a fait decouvrire le kickboxing appelle aussi boxe thai. Mais attention! N’utilisez jamais ce terme devant un cambodgien, il en perdrait son sourire! Non ici, on parle de boxe khmere c’est parait-il la contree d’origine de ce sport de combat.

 

En tout cas, c’est on ne peut plus violent, moi qui est tout pres des cordes pour les photos, je peut vous dire que la fureur des coups portes est bien reel. Dans cette salle surchauffee, les gouttes de sueur des combatants volent a travers le ring. Dans le public, certains spectateurs passent leur temps la bouche collee a une batterie de mobiles assembles par des elastiques sur une planche de carton. On a l’impression qu’ils jouent d’un curieux instrument…En fait, il s’agit de preneurs de pari qui communiquent ainsi sur les combats avec leurs clients. Les rounds defilent, les matchs se succedent, le dernier se termine vite, l’un des combatants a, malgre sa coque de protection, pris un mauvais coup. Il est terrasse a terre de douleur.

 

Le long des quais du Tonle Sap se succedent bar a tourists et salons de massage en tout genre. Des restaurants au nom francophone comme “La  Croisette” temoignent encore d’une influence aujourd’hui revolue. Des enfants vendent des copies bon marche de livres ou de guides tandis que le harcelement des “’Sir, tuk-tuk?” finit vite par me porter sur les nerfs. Les “te aw kohn” que je leur repond sont inefficaces. Autant tracer sa route sans demander son reste. Je suis un mec seul et de ce fait l’une des propositions recurrentes des moto-dop et autres se sont les filles: ‘’girls poum-poum” comme ils disent. Ils parlent parfois de chicken girl. Que l’on trouve, logique me direz-vous, dans une chicken farm. Charmant. (du coup cela me fait penser au film Chicken run avec des poulettes qui tentent de fuire…). La prostitution est certes moins visible qu’en Thailande mais elle est bien presente. Et je vous parle pas de la pedophilie….

 

Autre lieu, autre ambiance. Nous voici au Chili’s bar, l’un des repaires de la communaute gay de la ville. Cambodgiens et etrangers s’y entremelent. Ce soir c’est le show des Lady boy. Pas besoin de traduire, vous avez compris de qui il s’agit! Les photos parlent d’elles meme. Le bar est bonde. Etonnant de voir cela ici.

 

Pendant ce temps, le proces du sanguinaire directeur du camp S-21 s’est ouvert a Phnom Phen. Duch, responsable de 16 000 morts ne reconnait n’avoir donne que quelques gifles…Dans un pays frappe d’amnesie collective ou le terme de genocide n’est apparue que cette annee dans les manuels scolaires, seul 3% des cambodgiens savant citer le nom des cinq accuses…





http://www.flickr.com/photos/travelspics/
Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 1 mars 2009

Il est de ces lieux qui hantent votre imaginaire depuis qu’enfant vous les avez decouvert dans des magazines. Ces images vons ont tout de suite captive pages apres page. On dit que le subconsicent des adultes est marque a jamais des reves et desirs de l’enfant que l’ont a ete. Ils restent la, tapis dans un coin. Ces quelques jours a Seam Reap m’ont permis d’en exorciser un: les mythiques temples d’Angkor.

 

Depuis sa redecouverte au 19eme siecle par un explorateur francais, l’ancienne capitale du puissant Empire Khmer n’a eu de cesse de fasciner les occidentaux. On a beaucoup ecrit sur Angkor, de Pierre Loti a Andre Malraux (qui n’hesita pas a tenter de voler ses tresors le sacripant). On a aussi beaucoup photographie ces murs et ses temples en ruines. Le premier lever de soleil derriere Angkor Vat est un moment magique. Le reflet du temple apparait peu a peu dans l’eau du bassin. Angkor Vat ou le plus grand edifice religieux du monde (mais ne dit-on pas la meme chose de Karnac?). Sur 10km2, bien d’autres temples temoignent du faste jadis des Dieux-rois, reincarnation de Vishnou. Dans sa periode doree, les Khmers regnaient alors sur la majeure partie de l’Indochine.

 

Je me souviendrais longtemps des 216 visages du Bayon et de leurs sourires enigmatiques lorsque le soleil dore du matin extirpe ces visages de la penombre l’un apres l’autre. Envoutant. Je me rappellerais a jamais du Ta Prohm et de ces arbres cyclopeens dont les racines embrassent les murs, penetrant avec force entre les pierres. Fascinant. On se prend a imaginer l’etat et l’emotion des premiers explorateurs quand ils arriverent en ces lieux envahis par la jungle. Ce temple doit depuis peupler les reves de bien des visiteurs. Je conserverais pour un moment l’image des fines sculptures du temple de Banteay Srei. Surprenant. Et que dire des temples d’Angkor Thom bati par Jayavarman VII, le plus puissant de ces anciens monarques absolus. De nombreuses creatures peuplent les bas-reliefs de ses temples dont des Nagas et autres geants qui en gardent l’entree. Pierres usees par le temps et l’humidite, alors que le nom de bien de ces souverains s’est perdu dans les limbes de l’Histoire, leur temples a survecu a la force du temps. A se presser pour voir ces merveilles, on en oublie les milliers de vies humaines qui furent sacrifier pour elever ces orgeuilleux edifices. Le nombre de temple est cela dit loin des 4000 edifices de Bagan, “l’autre Angkor” des rois de Birmanie. Neanmoins, le style des temples d’Angkor est si particulier, certains de ces temples sont si etonnants qu’il existe bien une magie propre au site. Pendant trois jours, j’y deambule, encore et encore.

 

Seam Reap, porte d’entree des temples, attire la grande majorite des 1.5 millions de touristes qui viennent au Cambodge. La plupart arrivent de Bangkok et repartent illico presto. Le balai des touristes est incessant, visiteurs aises, routards desargentes, en independant, en famille, en organise, en bande, voir en troupeau, ils semblent plus nombreux que les habitants eux-memes! La tenue vestimentaire de certaines touristes, jupes courtes et decolletes plongeant, me surprend toujours, a croire qu’elles ont oublie qu’elles ne sont plus aux Etats-unis ou en angleterre mais dans une societe bien plus traditionnelle. Dans les rues du centre eclairees par les enseignes des nombreux bars et resto, les touristes sont attables aux terrasses, dans la rue des enfants jouent, les conducteurs de tuk-tuk et de moto-dop attendent le client, et tout ce beau monde est surveille par des policiers nonchalants. Sans oublier les rabbateurs de prostituees chassant le male occidental en mal de plaisir de la chair. Deux “masseuses” essayent de m’attirer dans leur salon, je les prend, sincerement, pour des lady boy. Vexe(e)s, elles ou ils, je sais plus, me lachent fort heureusement enfin la grappe. Les marchands du temple sont partout. A cote de leur bac rouge a boissons, c’est a celle qui, a la limite de l’hysterie, crie le plus fort “Sir, a cold drink?”. Des enfants vous accostent en vous sortant: “ si je te dit la capitale de la France, le nom du president et de sa femme, tu m’achetes un truc!” Heu non surtout pas ici! Je suis soulage qu’ils posent une condition!

 

 

Petite halte express a PP, le temps de deposer mon passeport pour une prolongation de visa. L’occasion aussi de retrouver avec plaisir Oliver et Aline dont c’est la derniere soiree au Cambodge. Je retrouve aussi la bande des origamistes et Manu. Ce soir, c’est le vernissage de leur expo au CCF, les oeuvres de Naomiki Sato et d’Aline Yanak sont etonnantes! J’ai passe de bons moments avec eux, derniere soiree ensemble autour de quelques...Angkor!

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009

J’écris ces lignes dans le bar d’un village, au pied des Cardamones. Il y a de l’ambiance ici, et pour cause, une vingtaine de villageois regardent des matches de kickboxing dans ce bar ouvrant sur les quais de la gare. C’est vraiment un des sports, voire le sport le plus populaire dans le pays. Après tout de meme la corruption et la sieste.


Mais voila que l’on me fait signe au-dehors, le dernier train pour Pursat est en train de filer a l’anglaise! Je pique un petit sprint le long de la voie, il roule encore au pas. Arrive a sa hauteur, je jette mon sac par dessus la plateforme de l’unique wagon, avant moi aussi de me jetter litterallement dessus. Ouf! Je suis cette fois l’unique passage du train. A l’aller, il etait rempli a ras bord de paysannes revenant de la ville avec leurs provisions, leur krama a carreaux autour de  la tete pour se proteger du soleil. Ce sont cette fois des sacs de charbons de bois qui les ont remplace. Le conducteur, un tout jeune adolescent, a la main sur un levier en bois controlant ainsi la vitesse. Une plateforme en bois posee sur deux essieux entraine par un moteur, voila a quoi ressemble ce train, surnomme bamboo train.


A pres de 50km/h, la campagne cambodgienne defile alors que la lumiere decline. De simples maisons en bois sur pilotis, quelques buffles ou cochons dans la cour, des champs de riz autour, voila a quoi ressemble l’habitation spartiate du paysan cambodgien. Les rails du chemin de fer sont loin d’etre parfaitement droites et semblent avoir ete deforme par quelque force. Les poutres metalliques sont de plus grossierement soudees entre elles faisant ainsi sautiller notre fragile engin. Pas etonnant que la ligne Battabamg Phnom Penh appartienne au passé! Nous traversons quelques villages au ralentit, enjambant quelque cours d’eau sur d’antiques ponts. La nuit se jette vite sur nous. Au loin, le ciel est assiege par les éclairs d’un orage menacant. La voie est eclairee par une simple lampe de poche, histoire de ne pas se prendre un buffle insomniaque. Parfois au loin une lumiere s’agite en tout sens, signe qu’un bamboo train arrive en sens inverse. La regle est alors que le moins charge laisse passer l’autre. On decharge alors et on souleve l’engin afin de le poser sur la bas-cote!

A Pursat, je suis quasiment le seul “barang”, etranger en khmer. Les gens sont ici particulierement souriants et accueillants. Je passe pas mal de temps a discuter avec un couple de cambodgien parlant le francais. Cette commercante tient une pharmacie dans la rue principale a quelques pas de ma Guest House. A 62 ans, cette ancienne enseignante de francais a trouve ce moyen afin de completer sa maigre retraite. Avec 15 dollars par mois, son pecule est loin d’etre suffisant pour vivre. Oui vous avez bien lu, 15 dollars par mois! Cette affaire lui pernet de gagner 2.5 dollars par jour en plus. Dire que je depense autour de 20 dollars par jour....Son mari, M.Long est un ancien docteur. Petit et sec, tout sourire, j’aime beaucoup sa bouille. Le seul moment ou son sourire s’efface, c’est lorsqu’il evoque la periode khmer rouge sous mes questions. “L’enfer” comme il dit. Pendant 5 ans, lui et sa femme ont abondonne maison et métier pour travailler de force dans les champs, de 4h du matin a 22h…Des journees harassantes contre deux grands verres de potage chaque jour. Encore ont-ils eu de la chance d’en sortir vivant car les intellectuelles etaient alors alors une des cibles du nouveau regime. Sans doute, son utilite a soigner la famille de quelques cadres leur ont valu la clemence. Le proces? Il ne le juge visiblement pas tres important car ce ne sont pas les responsables qui sont juges. Alors que le gouvernement compte dans ses rangs plusieurs anciens Khmers rouges dont le premier minister lui-meme…

Apres le village flottant de Kompong Chhnang, je me rend en moto dans un autre de ces villages construit sur le Tonle Sap, la mer interieure du Cambodge. A Kompong Luong, ce sont surtout des vietnamiens qui vivent dans ces habitations qui possedent nenmoins un certain confort. Tous les commerces sont representes dans ces “rues” ou se croisent embarcations divers. Etonnant. On trouve meme une eglise catholique qui denote dans le paysage et un poste de police dont l’unique officier fait la sieste dans un hamac attaché devant l’entrée! Quand je vous disais que la sieste etait un sport national…Notre barque croise meme des stations services flottantes qui ravitaillent parfois au large les navires traversant l’un des plus grand lac d’Asie.

De retour a PP, je change de standing avant les frontiers sauvages de l’Est. Une vieille connaissance m’offre l’hospitalite: grand et bel appartement, un lit king size d’enfer, air conditionne et une grande piscine…Que demande le peuple? Je sent qu’il y a un risque non negligable de m’attarder plus que necessaire…


http://www.flickr.com/photos/travelspics/

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 mars 2009

20h. La nuit vient juste de tomber. La rue 104, tout pres des quais du Tonle Sep. Je pousse la porte du Rose Bar aux vitres tintées. A l’intérieur, une vingtaine de filles assises aux tables ou au bar tournent de concert leur regards vers moi. Je suis le seul client…et le seul homme ! Cela a le merite de tout de suite de situer le genre de bar ou j’ai mis les pieds… Je n’ai pas le temps de boire ma première gorgée de biere que deux filles viennent m'accoster. Toutes les deux bossent ici et apres quelques menus bavardages, elles me demandent de leur payer un verre. Je m'y attendais, c’est leur job. Je dis niet, elles font la moue. Dans le bar, un grand ecran se met alors à diffuser un live de Shakira. Mon attention se detourne vers le déhanché hypnotisant et quasi surnaturelle de la chanteuse latino-americaine. La Colombie a de biens jolis attraits, je m'en suis appercu recemment. Quelque peu vexe, les deux hotesses me lachent la grappe.
D’autres bars du meme genre se trouvent dans cette rue. Des balcons, des filles vous saluent tandis qu’une rangee de moto-dop attendent devant le trottoir. Près du Musee National, je croise un touriste anglophone qui fond sur moi l’air hagard. Il me sort qu’une moto vient juste d’essayer de lui voler son sac, la comme ca dans la rue. En effet, il tient un sac en plastique dechire d’où apparait un livre. Avant meme que j’ai le temps de lui repondre, il disparait dans la nuit en repetant « Dieu, c’est fou... »
 
 
21h. Vouloir prendre un moto-dop la nuit quand on est un mec, cela donne tres souvent un echange de ce type :
- Motobike monsieur ?
- Oui, sus’dei ! J’aimerais aller a un salon de massage pres de Vat Phnom.
Son visage se fent alors d’un large sourire complice.
- ha massage boum-boum !
- hein quoi ?
- oui boum-boum !
- Ha non pas massage boum-boum, juste un massage !
- Pas boum-boum ?
- Non juste un massage
- Ha…
- Et toi tu fais des massages boum-boum ?
- Oui parfois
- Mais tu n’es pas marie ?
- ….
- Et tu y vas quand meme ?
Et voila qu’il me repond, un peu embarasse qu’il est « little maried » ! Mon air perplexe le fait sourire.Il faut dire que les bordels de ce cote de l'Asie sont partout, meme dans la plus petite ville. Marie, allez voir des prostituees est une pratique repandue chez les cambodgiens.Il est convenue que les hommes aient une vie sexuelle plus forte. Ainsi, une femme trompee ne peut-elle rien faire contre son mari.Chaque classe sociale a ses salons de massage-bordel avec les traifs correspondant. Les prostituees viennent souvent d'autres parties du pays pour un temps, parfois quelques mois dans l'annee. Idem pour les moto-dop. Beaucoup ne parlent pas anglais et ne savent pas lire. Se sont alors souvent des paysans qui viennent dans la capitale pour quelques mois avant de repartir pour travailler les champs. Ils vous repondent toujours qu’ils connaissent l’adresse meme s’ils n’en ont aucune idee! Et ce qui n'arrange rien, l'attribution des numeros des maisons est ici completement farfelue. Ansi, dans la rue 63, vus avez trois 45 a des endroits differents!
 
 
23h. Le Martini. Non pas la boisson mais un des lieux les plus connu des expatries de la capitale. Et pour cause, c’est un bordel. Qui n’a rien a envier aux tripots d’Afrique Noire, un « Why Not » locale pour les veterans du Nigeria a qui cela parlera. Les mecs sont tous blancs et a 80%, ils approchent de l’age de la retraite ou l’ont depasse. Sur la terrasse et dans la boite, 80% de filles dont 100% de prostituees. Je ne compte pas les travestis, je ne savais pas ou les mettre. Au Martini, beaucoup de vieux australiens. Sur la piste, quelqu’un dansent un colle serre avec de jeunes filles. D’autres tournent seul sur eux-meme visiblement bourre ou plutôt drogue. Cela, il faut bien le dire, me fait penser a une maison de retraite, bon un peu particuliere je vous l’accorde !
 
 
Autour de minuit. Mon hote continue sa tournee nocturne. Voila une boite plus conventionnelle. La faune est ici plus variee tant au niveau de l’age que du sexe. Le "Heart of darkness" attire les fils de khmers aises et les etrangers. Preuve en est dans la rue la rangee impressionante de Luxus et autres Land Cruiser.Le syndrome du tu-m'as-vu-j'ai-une-grosse-caisse-je-suis-plein-de-fric est universel. Et ici, les gros bras ne prenent meme pas la peine de mettre une plaque d'immatriculation face a une police corrompue.
 
 
1h. Derniere etape au Zapata, autre bar a filles. Un autre de ces lieux ou certains hommes viennent afin d'echapper un peu a leur solitide, venant y chercher un semblant de contact feminin et d'echanges.Quitte a se mentir. L'echange se fait parfois physique. Or le Sida est un fleau dans ce milieu. Et ce depuis l'arrivee de l'ONU au debut des annees 90, quand fonctionnaires internationaux et soldats faisaient couler les dollars a flot. Cela ne fait que dix jours que Bopha travaille ici. Elle bossait avant au Phnom Penh Hotel, du moins c'est ce qu'elle me dit. Elle a le regard triste. "Je n'aime pas que les clients me touchent" me confit-elle. Elle est venue de Seam Reap le coeur brise. Elle devait se marier mais son copain lui a prefere une guide correenne rencontree parmi les temples d'Angkor."Elle a de l'argent, tu comprend" lui a t-il fourni comme explication. Il l'aimait pourtant mais pas autant que l'argent et l'envie d'une autre vie. Dans ce sens aussi, cela arrive, quoique plus rarement. Cela dit en passant, en Occident aussi, un certain nombre de fille recherche un mec riche...L'argent est parfois un critere important, quitte a brouiller la donne et les sentiments La situation des femmes dans ce pays n'est pas brillante. Si une fille n'est plus vierge avant le mariage, elle est souvent consideree alors comme une mauvaise fille. Comme elle a peur d'etre abandonne apres l'acte, bien souvent elle ne veulent ceder aux avances de l'homme. Il y quelques annees, seul 4% des Cambodgiens se disaient pret a se marier avec une fille non vierge! Cela me rappelle ce couple rencontre a Pursat. Elle, Cambodgienne avait rencontre ce Francais a Battabamg. Pour passer du temps ensemble et fuire la famille, ils ont du mentir et prendre deux buses separemment pour se rejoindre. Et pourtant, elle etait divorcee avec un enfant. Plus un seul client, il est tard. Je retrouve avec plaisir les bras de Morphee.
 
 
Le calme de Kampong Cham est le bienvenue. Kampong en khmer veut dire campagne. Cette petite ville au nord de PP borde le Mekong. Un etonnant pont en bambou relit la ville a une ile sur le fleuve. Ballade sympa en velo dans ces villages de cultivateurs. C’est surtout la recolte de tabac qui est en ce moment a l’honneur. Je passe un moment sympa avec une famille enfilant les feuilles de tabac recoltes afin de les secher. Je m'essaye moi aussi a la chose, et ma maladresse les fait bien rire! La curiosite locale est un temple pre-angkorien qui est ce week-end le theatre d’une fete du calendrier boudhiste. De nombreux stands attirent la foule, meme les enfants ont leur droit a leur manege, une vrai vogue quoi. Demain, je continue vers le nord a Kratie. J’espere y voir les derniers dauphins d’eau douce d'Asie!
 

 
http://www.flickr.com/photos/travelspics/

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 20 mars 2009

Une barque glisse silencieusement sur  les eaux calmes du Mekong. Le soleil commence tout juste a apparaitre timidement derriere le rideau encore sombre des arbres peuplant les berges du fleuve. Le lit, pourtant déjà imposant du fleuve, laisse deviner son ampleur lors de la saison des pluies. “Look!” nous murmure notre guide plante debout a l’arriere de notre frele embarcation. Nous suivons la direction de son bras pour appercevoir fugitivement la dorsal d’un dauphin. Ceux-ci, au nombre d’environ 150, font desormais l’objet d’une protection efficace du gouvernement et d’ONG comme WWF. Il faut dire que ces sympathiques cetaces sont parmi les derniers specimens peuplant les fleuves d’Asie. Ils sont tout autour de nous, les apercevoir est donc facile. En cette horaire matinale, nous somme les seuls touristes. Les cetaces restent a quelques dizaines de metres de notre barque et effleurent souvent tout juste la surface pour reprendre de l’air. Pas facile de les photographier, il est vrai que nous ne sommes pas au Marineland!  En Colombie aussi,il est encore possible d’observer les dauphins roses de  l’Amazone. J’en connais qui revent de les voir.


Ces dauphins sont l’interet principale de Kratie, paisible petite ville du bord du Mekong. Pas mal de voyageurs y font une halte bienvenue en revenant ou en allant au Laos voisin. Mis a part nos amis dauphins, l’activite principale ici est de regarder le coucher de soleil sur le Mekong. En ville et dans les villages avoisinants, les femmes ont semble-t-il adoptees  une bien curieuse mode vestimentaire, celle du port diurne du pyjama! Ces derniers, aux motifs enfantins et colores, ne les quittent jamais, de la maison au marche. A se demander si elles adoptent ensuite un pyjama de nuit.. Mon avis que cela ne doit pas favoriser la libido de leur mari…

 


Peu a peu, un paysage de culture cede la place a un horizon de forets, le relief se fait plus accidente, puis le bitume capitule devant une piste de terres ocre. Depuis deux heures, une pleine lune rouse s’est elevee au dessus des terres du Ratanakiri. Cette province de l’extreme nord-est du Cambodge est une des plus isoles du pays. Tandis qu’une chaleure ecrasante de fin de saison seche a pris possession du reste du pays, l’air frais de ces collines est le bienvenue. Ban Lung, simple petite ville, a la pretention d’étre le centre de la province.  La region a longtemps abritee le QG des Khmers rouges et a aussi subi, comme tout l’est du pays, les bombardements aveugles et criminels des americains. La piste Ho Chi Minh avait en effet le malheur de passer sur ces terres. Comme ils ne font jamais dans la dentelle, ils tuerent quelques 200 000 personnes. Quelques rares mines de pierres precieuses (le nom de la province signifie la colline aux joyaux) sont encore en activitees. Sur la terrasse du Tree Top Guest House qui offre une belle vue sur les collines avoisinantes, je fait la connaissance d’une grande baraque venue du fin fond du Canada. Bobby est un pompier canadien (je sais cela fait un peu cliché mais que voulez-vous). Mercenaire du feu, Bobby entant bien porter la lance dans le bush australien. Apres quelques mois de voyage en Asie. Le verbe rare, Bobby ne quitte jamais ses lunettes de soleil, meme a l’ombre. Entre nous, je n’ai jamais compris ce genre d’attitude, ce port ostentatoire souvent inutile et pas tres respectueux d’un masque froid qui ne met forcement qu’une distance avec les autres. Pourquoi cacher son regard meme a l’ombre? Cela dit, Backdraft  m’accompagne dans la decouverte des alentours. Je plonge dans un lac de cratere, qui selon certains aurait ete cause par une meteorite. Je me baigne au pied de la plus imposante chute d’eau qu’il m’est ete donne de voir jusqu’alors. Un delice pour les sens je vous dit que ca! Au bout de ces quelques semaines, j’arrive a compter et dire quelques phrases simples en khmere. Il faut dire que le parler khmere est plutot simple car il n’y a pas de conjugaison. Voici ce que cela donne a travers quelques exemples de phrases au combien vitales ici: “ non moi pas vouloir tuk-tuk”, “non moi pas vouloir massage boum-boum” (les deux se suivent souvent!), “non moi pas vouloir t’epouser“, “moi vouloir une biere”(idem…!), “ houlalala ! trop chere, moi pas un pigeon de touriste”. Plus propre a Phom Phen, vous avez aussi celle-ci qui peut parfois eviter des malentendus:” non moi pas etre homo”.



Je me joint a un couple pour un trek de 3 jours vers le Parc Naturel de Virachay. La trentaine avancee, ‘’just married”, ils font un tour du monde d’un an. L’espace d’un instand, je les envie un peu, non pas tellement pour leur voyage d’un an (quoique…) mais surtout pour cette aventure qu’ils partagent et vivent a deux.  Voila un voyage de noce comme je le souhaiterais! Lui est un imposant ecossais a la longue et epaisse chevelure. Je l’imagine tout a fait dans un role de figurant dans un remake de Braveheart, enfin les tatouages et les percings en moins! Elle est sud-africaine, douce et plus reservee. Encore des voyageurs au long cours, comme du reste tout ceux que j’ai pu croiser depuis le debut. Etrangement, je n’ai pas encore rencontre de voyageurs autonomes ayant fait du Cambodge l’unique destination de leurs conges payes. Mais j’en ai connu par le passé il est vrai. Cela pourrait sembler paradoxal a bien des soi-disant casanier bien pensant en France mais il semble qu’un des effets de la crise est de jetter sur les routes du monde des personnalites un brin aventureuses, sans doute pas mal hedonistes, curieuses, un minimum nantie je vous l’accorde pour la plupart, mais qui surtout ont su eviter les chaines que gouvernants et industriels essayent de nous mettre. Mais je m’égard la…



Apres quelques heures de marche, nous campons dans une jungle epaisse aux arbres si hauts qu’ils semblent former une voute vegetale. La jungle est un lieu bruyant, des cris de toutes sortes la traversent. Le bruit des cygales geantes est presque assourdissant, c’est le battement de coeur de la jungle. Souvent, un cri fort répétitif couvre tout ce tatouin, “Gecko! Gecko!Gecko!” C’est aussi le nom designant cette espece de gros lezard emblematique des forets tropicales et considere comme un porte bonheur. La nuit venue, les bruits se font heureusement plus rares. Dans mon hamac, j’essaye de trouver le sommeil sous un ciel etoile qu’embrase les éclairs d’un orage proche. Sale nuit, j’ai tres peu dormi, et je ne suis pas le seul. Je ne suis pas arrive a trouver la bonne position dans cet hamac qui n’etait peut-etre pas assez tendu. Ou pas fait pour moi. Notre guide lui semble bien repose. Il me conte ses deboirs avec les parents de sa petite amie. Impossible de l’epouser sans l’accord des parents respectifs. Le probleme, de taille, est que les parents de la promise de l’aime pas, il ne comprend pas pourquoi. Je me dit a moi-meme que peut-etre est-ce du a son bagout un brin vantard…Nous arrivons en fin de journee dans le village d’une minorite, en l’occurrence ici un village Lao. Peut de monde parle le khmere ici. Les villageois, les enfants sutout,  se pressent a notre rencontre, curieux de voir quelle tete ont ces barangs. Ils nous observent, captives par nos faits et gestes. Nous avons un peu l’impression d’etre en quelque sorte le poste de television du coin! Les enfants sont tous adorables et beaucoup de jeunes filles sont vraiement craquantes avec leur minois aux traits reguliers, doux et rieurs. Vous auriez presque envie de tous les adopter! La nuit, le village est entierement plonge dans le noir. Devant la faible lueure vacillante d’une lampe a petrole, nous buvons avec notre guide une imposante bouteille d’alcool de riz. Tout en discutant du pays, nous buvons a tour de role “in one shot”. Je commence a ressentir les effets de l’alcool. Il faut dire aussi que nous avons auparavant littéralement et non sans plaisir fait un hold up sur le stock de bieres de la maigre boutique du village. Faisant ainsi le bonheure de la tenanciere. Le plus dure a ete d’attendre que les precieuses cannettes refroidissent dans l’eau fraiche d’un puit. J’en conviens, cela peut faire un peu alcoolique sur les bords, mais franchement si vous aviez passer deux jours a ne boire que de l’eau bouillie avec un arriere gout rance de riz, vous seriez sans doute plus comprehensible! Devant mon hesitation a poursuivre la curee, en tout bon ecossais qu’il est, Michael me rappelle alors avec bonhommie la Grande Alliance.. Scellee entre la France et l’Ecosse contre l’Anglais, c’est la plus vieille alliance militaire en Europe soit dit en passant. Que faire si ce n’est refuser la capitulation et affronter de concert ces dernieres razades?


 

Je me separe de ce sympathique couple qui continue sur le Laos. J’ai passé de bons moments avec eux et je me rapplerais avec plaisir mes discussions avec cet ecossais de gauche dans l’ame et indépendantiste jusqu’au bout des ongles. Les rencontres en voyage, quoique ephemeres, creent parfois des liens qui perdurent dans le temps. Souvent plus que des rencontres en France ou avec des gens que l’on cotoie regulierement. Sans doute est-ce du a l’intensite des moments partages. Le Cambodge est le royaume des ONG. Plus de 3000 y exercent. Au Café de la Nature, je fait la connaissance de Karine qui bosse dans une ONG qui a pour but de preserver la medicine traditionnelle. Elle me montre avec entrain une video ou l’on peut voir un “sorcier” qui a l’aide d’un simple tuyau en plastique guerit divers maux. Il pose l’objet sur la zone concernee, inspire d’un coup puis recrache des petites pierres noires qui representent le mal. Elle me certifie qu’elle a bien observe et qu’il n’y a pas de triche…Elle me parle egalement d’un mysterieux cimetiere Tompuon perdu dans la foret…



http://www.flickr.com/photos/travelspics/

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 27 mars 2009


Lao, Chinois, Kreung, Chunchiet, le nord du Ratanakiri est peuple de minorites. Sur les rives du Tonle San, le charment village de Voen Sai abrite nombre d’entre elles. Le cimetiere Tompuon est situee dans la jungle a une heure de bateau de Voen Sai. A force de trainer mes guetres paisiblement, je finit par denicher une embarcation a bon prix. La barque a moteur file bon train et nous laissons derriere nous pecheurs au filet, troupeaux de buffle faisant trempette et enfants barbotant joyeusement dans  l’eau. Des maisons en bois se dessinent bientot au-dessus de la crete des arbres. Le cimetiere est situe derriere. Au milieu des bannaniers, manguiers, frangipaniers, de curieuses tombes parsement le lieu. Devant, des statues en bois peintes semblent en garder l'entree. Les Chunchiet ont en effet l’habitude d’enterrer leur morts dans la foret en sculptant des statuts representant les defunts. Cela me rappelle aussitot le cimetiere joyeux de Sapinta en Roumanie. Sur les steles en bois colores, un dessin y represente la cause de la mort du locataire.En dessous, un epitathe, souvent drole, livre quelques informations sur sa vie. J'aime ces cimetieres du monde parfois si particuliers. Ils demontrent la place de la mort dans la vie. Dans les pays du Sud, la mort fait partie du quotidien, de ce fait on la craint moins contrairement a nos societes ou on essaye de la repousser et l'ignorer. Ce qui semble loin fait d'avantage peur. Au risque de paraitre morbide, je trouve meme une ambiance plutot romantique au cimetieres celtiques. Dans les grandes villes, se sont souvent des espaces de silence...et de repos c'est le cas de le dire!

De retour au village, je tombe sur une curieuse scene. Des groupes de villageois se tiennent assis autour de jarre en terre cuite d'ou ils aspirent un liquide a l'aide d'une paille. Ils m'invitent, tout sourire, a venire se joindre a eux. Ma foi, l'alcool n'est pas mauvais et passe bien. Neanmoins, je prefere mimer mes gorgees afin de ne pas finire vite pompette. Je passe un bon moment avec ces beaux visages rides. Comme personne ne parle un traitre mot d'anglais, impossible de savoir les tenants de ce rassemblement...Je reprend le chemin de la berge accompagne par le cri des Gecko. Il parait qu'en comptant le nombre de cris, on peut savoir si vous serez marier a une jeune fille, une veuve (!!) ou rester celibataire dans l'annee. Allez, je compte...



Laissant derriere moi, non sans regret, le Ratanakiri, me revoila a Phnom Phen. Les 12h de bus passent assez vite malgre le fait que la conversation avec ma voisine israelienne est un peu laborieuse. Entre deux recits le pauvre se jette subitement a la fenetre pour eviter de vomire, ce qui parfois n'est pas tres efficace. Beaucoup de ses compatriotes voyagent en Asie apres leur service militaire comme elle. Si parfois certaines filles unique elevee au milieu de garcon ne sont pas tres feminines, je peut vous dire que deux ans de service militaire obligatoire accouche d'une fille aussi sensuelle qu'un employe des Demenageurs Bretons. Tiens voila qu'elle me donne du Monsieur alors qu'elle a 20ans! Petite coup de deprime...

Je retrouve mon King Size chez Z. Je prolonge mon sejour plus que de coutume, me la coulant douce. Apres un reveil tres matinale (impossible de dormire tard dans ce pays), je me rend au marche local acheter une ou deux baquettes pour le petit dejeuner. A moins que Z ne met gentiment laisse des croissants et pains au chocalat digne de ce nom. Les rues sont deja grouillantes de 4x4 et de motos des le lever du soleil. Les moines commencent a faire leur aumone, attendant devant le pas des boutiques sous un pare-soleil aussi colore que leur robe orange. Apres le petit dejeuner, je fait quelques longueurs dans une piscine toujours aussi vide. Puis je prend une moto dop ou je file a pied arpenter les rues de la ville. Le cote agreable de cette capitale c'est que tout est accessible facilement a pied.


On peut distinguer 4 categories de barangs au Cambodge. La premiere categorie, ce sont les expatries d'une multinationale ou des fonctionnaires nationaux ou internationaux. Plutot age, ca roule en Lexus, ca se sustente dans les restaurants chic du quai Sisowath, ca frequente assidument les filles de plaisir, marie ou pas. Certains se plaignent parfois d'etre la et lorsqu'il vous parle du pays, a vous le voyageur de passage, ils adoptent un ton professoral limite autain. C'est parfois une attitude qu'on retrouve chez certains expatries qui pourtant paradoxalement n'ont pas quitte leur ville. Autre categorie, celle des "petits blanc". Salaries d'une ONG, volontaires, residents tenancier de bar, de resto et autre, ils sont en general plutot jeunes. En ce qui concerne la troisieme categorie, on peut les appercevoir la nuit venue sur les terrasses des bars. Parfois a la retraite, ventres tripotants et mines patibulaires, ils font de la cooperation avec les filles faciles, voir les enfants. Enfin, il faut ajouter bien sure une derniere categorie, les voyageurs dont je fait partie. Cela dit, comme vous l'aurez compris, je suis sous le charme de ce pays. Je m'y verrais tout a fait y vivre un moment! J'ai deja mes endroits preferes, mes bonnes adresses et quelques connaissances.



De retour au Heart of darkness. C'est la queue pour jouer au billard. Les fils de papa friques cambodgiens ne s'eloignent jamais tres loin de leur bouteille de Jack Daniel's. Pres de la piste, plusieurs couples de blancs boivent leur biere. Les filles semblent toiser ces jeunes et jolies cambodgiennes au corps mince quoique sans trop de forme. Elles ne lache pas leur copain d'un fil comme voulant ainsi bien marquer leur territoire. Ce qui n'empeche pas leur gars de zieuter les gazelles dans leur dos. L'une d'elle au bar me fait les yeux doux. L'un de ses bras laisse voir une cicatrice en forme de coeur, un ancien tatouage qu'elle a voulu effacer apres que son petit ami anglais l'ai laisse. La frontiere entre ce genre de relation (ou la premiere chose qu'elle va dire en parlant de lui c'est qu'il est etranger=il a de l'argent) et la prostitution est floue et permeable. J'entame la conversation et au bout d'un moment, je lui demande ce qu'elle fait ici. Elle me confirme sans nul gene ce que je pensais deja:"je couche  parfois pour l'argent avec les mecs qui me plaisent! Je vais danser avec mon amie, tu bouges pas hein?" Mon avis que le choix de ses partenaires doit etre assez large et que le parfois ressemble plus a un toujours....Tandis que le playboy latino chante "la vida loca", je me dirige vers la sortie.

 

http://www.flickr.com/photos/travelspics/



Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 30 mars 2009

Le Cambodge est repute etre le pays du sourire, a juste raison. C’est souvent ce que retient et émerveille d'emblee le voyageur. Cependant derrière ce sourire qu’affiche les cambodgiens se cache une realite moins rose. Ainsi, d’apres l’etude d’une ONG, 40% des cambodgiens souffrent de dépression! Le traumatisme Khmer Rouge est encore lourd de consequence dans la vie de millions de familles. La violence est quelque chose d’assez banale, les enfants ont sont victimes tout comme les femmes dont 60% d’entre elles sont battues par leur maris. Bref, le sourire et la bonne humeur est avant tout une facade. Z m’avait dit des la premiere fois « tu verras, les cambodgiens sont des gens stresses, ici il regne une certaine tension que le voyageur de passage ne peut sentire ». J’etais reste un peu sceptique face a ses déclarations. Depuis je me suis rendu a son avis. En effet, dans les derniers moments j’ai pu percevoir plusieurs fois cette tension qu’un sourire essaye de cacher. C’est particulierment vrai chez les personnes d’un certain age et aussi sans doute a Phnom Penh. Le sourire est comme un reflexe, un tique nerveux. Un façade un peu comme ces sourires sur les visages du temple Bayon a Angkor. Face a l’etranger, le sourire permet de mettre une distance, de cacher ses sentiments (a lire cet excellent article sur « le Masque khmer »). Ceci fait partie d’une façon generale de la culture asiatique. Du Japon au Cambodge, montrer ses sentiments et surtout ses faiblesses ne se fait pas ou si peu. Et puis se sourire n’empeche pas les khmers de vous arnaquer. Au debut, on est un peu naif face a ce sourire et on negocie avec faiblesse les prix. Mais en fait, tout est negociable y compris les tarifs a prori fixe des buses. C’est de bonne guerre, et puis apres tout autant qu’on essaye de vous arnaquer avec le sourire qu'en gardant son serieux comme les indiens non ?

 

 

Quel paradoxe que ce peuple tout sourire qui a produit les merveilles d’Angkor et l’un des plus sanglants genocide du siecle dernier. Ce n’est meme pas un genocide a proprement parler, les Khmers Rouges ont fait dans l’inedie car le massacre d’une partie de la population sans critere ethnique, religieux par la meme population ne correspond a aucun terme juridique. Je trouve plutot fascinant comment une ideologie a la base humaniste s’est transformee en un tel massacre. Afin de construite « l’homme nouveau », avec le desir de faire mieux que les Chinois, les Khmers Rouges ont saccage le pays, l’affament en vendant le riz a la Chine afin d’acheter des armes pour taper sur les Vietnamiens, l’ennemi hereditaire. Car le cambodgien est d’un nationaliste basique. Son Kampuchéa comme il l’appelle est grand et ne souffre pas la comparaison avec les vietnamiens et les thaïlandais. Les 2/3 de la population est nee apres le genocide, le sujet est tabou voir meconnu par les plus jeunes. Mais les consequences de ce drame sont bien presents.

 

A commencer par les cadres dirigeant, en grand partie d’anciens Khmers Rouges a commencer par le premier ministre Hun Sen. Son partie, le Partie du Peuple Cambodgien n’est rien de moins que l’ancien partie communiste. Qui pratique un liberlisme a outrance. Le pays est en train d’etre vendu aux etrangers, japonais, coreens, chinois qui pillent les richesses du pays.Des milliers d'hectares de forets sont en train de disparaitre notamment dans le Ratanakiri. Les gouvernants ne pensent qu'a leur interet prive. Des terres publiques sont ainsi vendu a des entreprises etrangeres, l'argent revenant dans les poches des gouvernants. Ainsi, Husen avec un salaire d'environ 1400 euros par moi est un des hommes les plus riches d'Asie...Les generaux roulent ici en Luxus et sont truffes de villas. Le Cambodge ou l'un des pays les plus corrompus au monde. Le lac de la capitale est en train d'etre asseche car le terrain a ete vendu a des correens au risque de provoquer des inonations monstres, le lac servant de reservoir au Mekong. Des milliers de gens, pourtant proprietaires sont expulses de force par les pouvoirs publiques, ceux-ci ayant vendu les terres a des entreprises. L'Etat de droit n'existe pas, vraiment l'argent permet tout ici.

 

Je pourrais aussi vous parler du systeme educatif deplorable. Un prof debutant touche seulement 26 dollars par moi...Aussi est-il oblige d'avoir un autre metier a cote ou de vendre les notes et exams. Ce qui entraine un desastre pour la formation car le pays forme en nombre des incompetents. Idem pour le systeme de sante. Ces deux secteurs sont soutenus d'ailleurs par la France. Le Cambodge un pays assiste dont la moitie du budget vient de l'aide internationale. Si des progres ont vraiment ete fait depuis les annees 90, il n'en reste pas moins que les gouvernants de cette fausse democratie exploitent pour leur interet personnel le pays. Mais les cambodgiens, qui ne sont pas dupes, semblent ce satisfaire de ce systeme. Il faut dire que l'experience Khmers Rouges a refroidi bien des cambodgiens a tout idee de changement...

 

 

 

A la pensee de quitter le Cambodge, j’ai presque un petit pincement au coeur. J’ai passé ici 6 semaines excellentes. Malgre ce que j’ai pu ecrire precedement, il en reste pas moins que le Cambodge est un pays charmant et charmeur. J’ai l’impression que je pourrais y rester un moment, en tout cas j’en ai la curiosite, un peu comme on peut avoir cette impression avec une personne dans une relation. Qu’il y a d’autre territoires a decouvrire.

 

Au minuscule aéroport de Phnom Penh, en rejoignant ma porte d’embarquement, je passe devant la baie vitree de l’entrée des departs. Des cambodgiens attendent derriere au dehors. Sans doute font-ils un dernier salut a des proches en partance. Sur l’escalator, je me retourne et leur fait un signe de la main en souriant. Aussitot j’ai droit en reponse a une cascade de sourires et de saluts. Voila une image qui resume bien mon sejour ici et qui me rend le coeur plus leger, heureux que je suis d’emporter avec moi cette derniere image du pays. Plus loin, le douanier curieux me demande si j’ai une petite amie, sous entendu une copine khmere qui expliquerait les deux visas de mon passeport. Je lui repond en m’amusant de sa question que je n’ai nul besoin d’avoir cette raison la pour apprécier son pays.Un peu interloque, il me rend mon passeport accompagne d’un éclat de rire. Je reviendrais…

http://www.flickr.com/photos/travelspics/

Par Fabrice
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés