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Lectures

Dimanche 24 septembre 2006

de Stephen Vizinczey


 « Ce livre s'adresse aux jeunes gens, mais il est dédié aux femmes mûres - et c'est des rapports entre ceux-là et celles-ci que je me propose de traiter.» Extrait.


Ce roman publié en 1965 est considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre et un classique érotique moderne. Peut-être qu’à mon sens les multiples éloges qu’à eu droit ce livre sont un peu exagère mais il n’en demeure pas moins que sa lecture est un véritable plaisir. Les passages touchants de ce jeune adulte en phase de découverte sexuelle ne manque pas et font écho à nos propres moments vécus. On suit avec intérêt ses pérégrinations et ses réflexions  amoureuses avec comme toile de fond l’histoire de la Hongrie, de la seconde guerre mondiale à la révolution de 56. Révolution manquée qui obligera notre héros à s’exiler en Italie puis au Canada.


Best-seller, ce roman le doit sans doute en partie à son titre accrocheur. Mais au-delà, c’est vraiment un livre que je vous recommande, chaudement, quel que soit votre sexe. Peut-être le laisserez vous ensuite à votre jeune fils….


Morceaux choisis :


« Essayer de faire l’amour avec quelqu’un qui a aussi peu d’expérience que l’on en a soi-même me semble à peu près aussi insensé que de s’aventurer en eau profonde avec quelqu’un qui ne sait pas nager non plus. Même si on ne se noie pas, le choc est terrible.»

« Elles ne vous désireront et ne vous aimeront que dans l’exacte mesure où vous les désirez et les aimez vous-mêmes. »

« Une des raisons pour lesquelles les femmes mures se méfient souvent des jeunes hommes – et pour lesquelles les hommes devraient prendre garde à ne pas épouser une vierge-, c’est que l’absence de point de comparaison ne permet pas de reconnaître même les qualités les plus exceptionnelles. »

« Je mis du temps à comprendre que je ne devais pas approcher des femmes qui baissent les yeux et rougissent respectueusement dés qu’on mentionne la Compagnie de téléphone Bell, qui regardent la télévision tous les jours pendant des heures, fredonnent des airs sur des marques de détergents, qui embrassent les yeux ouverts et se ventent d’avoir l’esprit pratique. Ces femmes-là sont souvent dangereuses et toujours pénibles. »

Par Fabrice
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Lundi 23 octobre 2006

d’Harlan Coben

 

« Juste un regard » est mon premier Coben. Et il n’est sûrement pas le dernier tant cet auteur américain m’a bluffé. Un des meilleurs thrillers que j’ai lu, n’ayons pas peur des mots !Tout part d’une photo. Pour Grace Lawson, il aura suffit d’un seul regard sur une veille photo de 20 ans et porteuse d’une incroyable révélations pour que tout s’écroule. Ses souvenirs, son mariage, ses amis : tout n’était qu’un tissu de mensonges.

 

Coben a un incroyable talent, impossible de laisser le livre bien longtemps fermé. Le scénario est d’une incroyable efficacité, réglé comme du papier à musique.

Les rebondissements se succèdent à un rythme effréné et le dénouement est pour le moins inattendu. Là où l’auteur fait fort c’est qu’il arrive à vous maintenir dans le flou complet du début à la fin tant les pièces du puzzle sont dispersées. Un peu comme si vous avanciez seul dans le noir le plus complet. En plus de cela, les personnages sont très travaillés et humains et Coben arrive mine de rien à glisser ses réflexions sur la vie et la société américaine.

Un grand auteur, un grand livre !

 

Par Fabrice
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Lundi 13 novembre 2006

 

Deux amoureux de Paris ont répertorié et testé les activités gratuites à Paris. Plus de 1 500 adresses et très bons plans, plus de 150 événements festifs à 0€. Quels que soient vos centres d'intérêt : des suggestions pour faire la fête, vous cultiver, bouger, occuper les enfants, être conseillé, profiter de services pratiques et même consommer sans rien payer le plus légalement du monde. Ce guide vous incitera autant à savourer le plaisir d'exister sans consommer qu'à faire de véritables économies. Laissez votre Carte Bleue dans un tiroir et partez à la découverte du " Paris 0€ ".

Ok Paris est une ville chère mais qui regorge aussi de bons plans gratuits. Voilà un guide fort utile qui est en plus un très bon investissement ! Que demande le peuple ?

 

Par Fabrice
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Dimanche 19 novembre 2006

 « Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, mais escalade aussi les monuments à mains nues. Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, recourt aux cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, Sylvain Tesson en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux. »


A travers un livre agréable à lire, Sylvain Tesson nous conte sa philosophie du voyage qui est aussi un mode vie. Faisant l’apologie du nomadisme, il se présente comme un baladin du monde occidental, un wanderer, mot désignant au XIX siècle ces voyageurs romantiques allemands qui parcouraient l’Europe. Le voyage pour cet infatigable baroudeur c’est le déplacement en solitaire « by fair means », autrement dit sans moteur ! Condensé de son expérience, de ses réflexions, ce livre poétique se lit d’une traite le temps d’une soirée..ou d’un voyage.

Interview :

http://www.evene.fr/celebre/actualite/interview-sylvain-tesson-aventurier-taite-immensite-monde-260.php

 

Par Fabrice
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Mercredi 29 novembre 2006

De Douglas Kennedy

 

Un récit de voyage dans le sud profond des Etats-Unis, cette « ceinture de la Bible » gagnée par le fondamentalisme chrétien. Une galerie de portraits de ces hommes et de ses femmes animées par une foie inébranlable, des portraits parfois inquiétants mais toujours fascinants. L’écrivain américain expatrié dresse également un portrait sans concession des ses compatriotes et de cette Amérique profonde repliée sur elle-même et remplis de préjugés.


Morceaux choisis :

«  De quoi l’homme a-t-il essentiellement besoin, Doug ? m’a-t-il demandé. D’amour, de compagnie et d’un sens à donner à sa vie. Et tout cela se trouve en Dieu. Quand je suis arrivé à la croisée des chemins, je traversais un moment difficile, j’étais face à des choix compliqués. Comme vous sans doute puisque vous abordez la trentaine. Recevoir l’amitié des gens ici, leur compréhension, cela ne pouvais pas arriver à un meilleur moment pour moi, cette communauté m’a donne l’amour quand j’en avais le plus besoin. J’ai même confiance en moi, ce que je n’aurais jamais imaginé  possible et que je dois à ma relation personnelle avec le Seigneur. Sa présence satisfait tout mes besoins ».

« Nous avons tous besoin d’amour. Mais celui que nous donnent d’autres êtres humains n’est-il pas trop souvent décevant ? Ne nous arrive-t-il pas à tous de désespérer de trouver le modeste bonheur dont nous aurions besoin ? Et après ce siècle dévastateur, ne sommes-nous pas tous à la recherche d’un placebo, d’une sorte de fois qui nous maintienne à flot, nous soulage des déceptions, nous pousse en avant ? Quand nous n’arrivons pas à trouver un sens à notre existence quotidienne, quand nous reculons devant le champ de mines des relations humaines, n’est-il pas tentant de lever les yeux vers le Ciel ? Bref, toute la démarche e la révélation chrétienne n’est-elle pas une quête d’amour éperdue ? Lorsqu’on a tout essayé, n’est-il pas le véritable aboutissement ? »

 

Par Fabrice
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Vendredi 22 décembre 2006

Le Combat Ordinaire est un Chef d’oeuvre.

« À travers l’histoire d’un jeune photographe de presse s’interrogeant sur ce qu’il doit faire de sa vie, Larcenet brosse une comédie parfois drôle, parfois triste sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et du passé.

Tout ce que bien des cinéastes ou des romanciers ont voulu capter sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et de l’Histoire, le Combat Ordinaire parvient miraculeusement à le retranscrire, nous le faire partager. Tous les débats stériles sur la guerre d’Algérie, puisqu’il s’agit aussi de ça, prennent une grande baffe dans la gueule. »

 

Une des meilleurs bd qui j’ai eu à lire ! Quelle bd peut se targuer de susciter en vous de telles émotions ? De simples dessins, une histoire simple arrivent à vous émouvoir. Vraiment un chef d’ouvre à offrire à vos amis et à vous-mêmes !

 

Par Fabrice
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Jeudi 4 janvier 2007

De Nicolas Fargues

« Diégo? Un drôle de coin. Un peu comme ces comptoirs oubliés qu'ils avaient pu visiter ensemble en Côte-d'Ivoire ou au Sénégal, mais version glauque, "un vrai dépotoir de la névrose occidentale, une sorte de terminus des âmes à la dérive, au sens figuré et géographique du terme". Il y avait des légionnaires à la retraite, des RMIstes de la Réunion , des Belges qui faisaient du business, des petits mafieux italiens mis au vert, des repris de justice, des déprimés, des ratés... " une série B tropicale francophone en vrai. " Diégo-Suarez, . Une baie sur l'océan Indien, du soleil, des vestiges coloniaux, des filles, des ONG. Des Blancs en fin de course dont le monde blanc ne veut plus. Des voyageurs qui débarquent. Si ce roman a un but, c'est bien de faire comprendre au lecteur occidental que, considéré depuis tous les " bouts du monde " de la planète, l'Occident, c'est le bout du monde. »

Désabusé, drôle, caustique, ce roman est surprenant. Il met en scène toute une palette de personnages que l’ont peut rencontrer en Afrique. Pour avoir vécu une expatriation dans un de ces pays (quoique le Nigeria est loin d’être aussi  paradisiaque que Diego), j’y ai retrouvé pas mal de vécu. Divers personnages blancs vont s’y croiser : le chef de mission blasé d'une ONG humanitaire. Le petit con pistonné pour un stage de vacances, dégoûté qu'on l'ait envoyé «pourrir au Moyen Age» et ne décollant pas l'oreille de son portable. La télé-marketeuse lilloise, cherchant l'exotisme des «circuits aventure». Le vieux loser venus se taper des jeunes malgaches.

L’auteur, directeur de l’Alliance Française de Diego Suarez, nous dresse un portrait sans consession d’une communauté expatriés venus chercher le soleil, l’argent et les filles faciles. Un monde peu connu du grand publique. Il nous livre aussi sa réflexion quand à l’intérêt de l’aide occidentale envers le sud, les rapports complexes entre occidentaux et autochtones, le néocolonialisme etc….Vraiment un livre qui gagne à être connu.

Morceaux choisis :

 

« Avant de venir ici, t’as tout le monde qui te previent. On te dit : Diégo, c’est le tombeau des couples, tous les hommes entre 30 et 60 ans craquent. (…) Ici, les filles le font avec plaisir, un truc dingue c’est qu’elles mouillent ! (…) Ici tu sais il n’y a pas de sentimentalisme. L’amour, les gens s’en foutent, c’est eux-mêmes qui le disent. C’est pas une priorité l’amour quand tu galères pour trouver à bouffer.(…) Les mecs d’ici prennent leur nana à la hussarde, sans préliminaires, et s’en vont baiser à droite et à gauche. Nous, on passe pour les gentils, plus doux, plus tendres, plus imaginatifs, plus délicats. Parce que faut voir comment les mecs méprisent les femmes ici ! »

 

« Non, le Malgache fout tout en l’air. Les choses un peu compliquées, un peu techniques, c’est pas pour lui. »

 

 

« Son métier revenait à convaincre habilement les gens d’un pays comme celui-ci qu’il était bon au sien. Mieux encore, c’était grâce à l’existence de pays comme celui-ci qu’il pouvait aujourd’hui loger sa famille dans un grand appartement à Paris, épargner pour l’avenir et offrir chaque été à ses enfants des vacances tout confort. »

 

«  Pourquoi je suis resté ? Pourquoi je suis resté ? Euh, ben partir pour retrouver les emmerdes en France, le froid, le fisc, la pollution, les gens qui font la gueule, la vie hors de prix, le chômage, les femmes qui vous agressent dés que vos yeux ont le malheur de croiser leurs siens(…) »

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Fabrice
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Samedi 20 janvier 2007

 

De Patrick Chauvel

 

 

 

"Israël, Vietnam, Cambodge, Iran, Liban... Depuis 35 ans, il est de toutes les guerres, parcourant le monde armé de son seul courage et de son appareil photo. Lui, c'est Patrick Chauvel ; son métier : reporter de guerre. Partageant le sort de milliers de soldats aux quatre coins du monde, au cœur de conflits plus sanglants les uns que les autres, il a frôlé la mort à de nombreuses reprises. Et, toujours, il en est ressorti vivant, chargé de témoignages exceptionnels. Rapporteur de guerre est le récit d'une passion mise au service de la vérité, le récit d'un homme qui n'a jamais hésité à risquer sa vie pour nous dire l'indicible, pour nous représenter l'innommable. Ce récit nous plonge dans l'horreur la plus totale, dans les souffrances les plus atroces, avec toujours le même souci : le devoir de mémoire.

Ce photojournaliste appartient à une caste à part dans le monde des journalistes : celui des reporters de guerre. Ces hommes ont la passion d’être là où l’Histoire se fait afin de témoigner  Métier de passion, métier dangereux aussi. Plusieurs fois blessé, Patrick Chauvel a frôlé la mort plusieurs fois."

 

 

 

 

Morceaux choisis :

 

 

«  Mon couple ne résiste pas et nous nous séparons, Anne-Marie et moi. Je suis en attente de repartir. Je claudique dans Paris, en deuil, les yeux d’Olivier se sont fermés, un regard de moins. Et l’Iran continue sans lui, sans moi. Je pense à tous ces jeunes Iraniens avec qui nous parlions des heures durant dans ma chambre. J’ai hâte de les retrouver. Je repense à la petite étudiante morte en me sauvant, combien d’autres sont morts depuis, dans l’indifférence ? Ici, à Paris, les gens sont beaux. Ils vaquent à leurs affaires. Et pourtant Iran, Salvador, Irlande sont l’affaire de tous. »

 

 

« L’inutilité de se sentir jeune et fort…pour marcher dans les rues de Paris, regarder les boutiques. J’en ai rien à faire des fringues, j’ai ce qu’il me faut. Voir tous ces gens s’agiter en cercle fermé, comme pour se proteger… ! Sentir cette peur de perdre ce qu’ils ont et sentir qu’ils veulent encore plus, toujours plus – ce qui multiplie la perdre de tout perdre…Je préfère aller à la rencontre de ceux qui n’ont rien, ou peu, et qui se battent pour se défendre. »

 

Par Fabrice
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Jeudi 8 février 2007

de Douglas Kennedy

 


« Je n'avais rien contre l'Australie avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune et de rencontrer Angie sur une plage ensoleillée. Douce, chaude, Angie. Un vrai rêve pour le voyageur fatigué. C'est quand j'ai su que je l'avais épousée que les choses se sont gâtées, vraiment gâtées jusqu'au cauchemar. »


Un polar de Douglas Kennedy captivant et drôle. Angoissant également que cet homme prisonnier d’une communauté perdue en plein bush australien….Du début à la fin, cette histoire est habitée par des kangourous envoyés à l’abattoir. L’auteur arrive même à vous dégoûter de ces charmantes bestioles. Une description un peu cliché de l’Australie profonde pas très engageante qui heureusement n’a pas diminué mon envie de connaître ce pays-continent.  


Par Fabrice
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Jeudi 1 mars 2007

 

« Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l'avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d'un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d'être photographe. Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu'à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s'être fourvoyé. Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier fait basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité... »

 

 

 

« De New York aux splendides paysages du Montana, une histoire d'humour et d'émotion, et un héros extraordinairement attachant, prêt à payer le prix pour vivre sa vie. " Bien plus qu'une lecture captivante : en termes émouvants, poignants même, ce roman nous parle aussi des occasions manquées et des vies gâchées [...], du goût amer d'une gloire trop vite acquise et de la douleur d'avoir à quitter ceux qu'on aime. " Publisher's Weekly " »

 

 

 

Que dire de plus si ce n’est que c’est l’un de mes préférés ? Pas seulement car la photographie est au centre du roman mais aussi car l’auteur s’adonne à une critique de ce culte de la réussite et de l’argent prôné par la société américaine. Vraiment lisez-le !

Par Fabrice
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