Le blogzine sur le voyage, les initiatives, des sites à part,la vie du net, des bons plans, des envies, la vie des autres, des réflexions propres et images roumaines...
" 90% des touristes etrangers tombent malade a un moment ou un autre en Inde. Ici c’est inevitable" m’explique le Dr Gupta. Son cabinet, microscopique, donne sur une rue animee de Pahar Ganj au Coeur de New Delhi. Voila un medecin, recommande par l’Ambassade de France. efficace et sympathique. Et prevenant, il nous donne meme un ordonnance pour anticiper un nouveau future probleme. Pour l’heure une semaine sous antibiotiques devrait venire a bout de cette infection d’amibes, tres courante dans les pays tropicaux. Ces vers microscopiques se transmettent par de l’eau ou de la nourriture contaminee, par manqué d’hygiene.
Nous laissons derriere nous l’agitation de New Delhi pour un endroit calme, plus indique a l’attente du retablissement de mon systeme digestif. Direction le sud et le Rajasthan, a nouveau. L’arrivee en train a Ajmer a une heure tartive ne nous laisse pas une premiere bonne impression. Un indien bourre se met dans l’idee de nous suivre a la trace pour nous raconteur sa vie incomprehensive en s’attachant a recouvrire Rebecca de sa couverture grasseuse. Et en s’efforcant de la toucher le plus possible…Mais heureusement, les premieres impressions sont parfois mauvaises et Ajmer se revele etre, le lendemain, une petite ville agreable. Entouree d’une basse chaine de montagne qui l’entoure tel un long serpent, la ville s’est developpee autour d’un lac. Un charmant parc permet de se promener sur les rives de celui-ci. Calme et propre, on s’y ballade sous un chaud soleil de fevrier. Les indiens y viennent en famille ou entre amis. L’attraction du moment, c’est un peu Rebecca qui ne compte plus les pauses photos dans le parc entouree de femmes indiennes aux beaux saris colores, ou encore aux cotes de jeunes play boy. Depuis qu’elle est ici, elle attire logiquement les sourirs feminins, pour ma part je n’ai que quelques miettes.
30 mm de bus et nous voila a Pushkar, un endroit bien connu des routards. Ok c’est touristique mais ce gros village se revele etre tres agreeable. Ville sacree pour les hindous, Pushkar entoure un lac sacre dans lequel se refletent ses ghats bleus. Les indiens ne sont pas trop lourd, ils vous laissent, presque, en paix. Un temple est situe sur une colline dominant la ville, la vue y est sublime: une larme bleue entouree de maisons et de temples colores au pied d’une chaine de montagne, tel est Pushkar. Nous louons une 125 afin de partir a la decouverte de la campagne environante. Quel plaisir de deambuler libre a son rythme le long des champs, croisant tracteurs et charettes tires par des chameaux nonchalants. Namaste (bonjour) y prend plus de sens. Au bout d’une piste, nous arrivons a un temple consacre a Shiva, blotie au pied d’une colline. Un indien nous conduit au linga, un cylindre de pierre faisant office d’autel. Le lieu est sombre et ressemble d’avantage a une cave. Dans l’ombre, un murmure s’eleve, un brahmane sans doute qui prie…"Touriste" nous lance notre guide avec un air perplexe. En effet, plus tard, nous apercevons un routard post-hyppie. Nous avons peut-etre trouble sa meditation car Krishna repart en tongue sur son scooter automatique.
Courte halte a Jaipur, la plus grande ville du Rajasthan. Une ville stressee et stressante connue pour son Palais des Vents ainsi que pour Amber Palace. Des monuments bien surestimes je trouve. Il faut dire que je commence a saturer des palais et forts. De plus, cette ville est surchargee d’humains, de vehicules de toutes sortes, de bruit et de pullution. Jaipur ne restera pas dans ma memoire.
Le fameux Taj Mahal, symbole de l’Inde, se trouve a Agra. J’avoue que je m’attendais a ce que sa reputation soit exageree, et bien que neni! C’est de loin l’endroit le plus beau que j’ai vu dans ce pays. Je suis meme plutot bleffe par cette merveille du monde. Apres avoir passé une porte, l’imposant temple de marbre blanc vous illumine soudainement. Cadeau posthume d’un prince Moghol du XVIIeme siecle a l’amour de sa vie, cette imposante construction est posee le long du Gange au bout d’un beau jardin, veritable tapis vert. Des bassins refletent son dome et ses 4 minarets qui l’emtourent. On a un peu l’impression que le Taj Mahal est en levitation au-dessus d’un jardin paradisiaque. Bref, malgre son prix d’entrée enorme pour le pays (13 euros), il vaut le detour! Et puis prendre son petit dejeuner sur une terrasse en le contemplant, c’est quand meme le pied!
Apres la frenesie de Jaipur et d’Agra, Orcha c’est le retour bienvenue a la quietude de l’Inde rurale. Et pourtant ce gros village fut la capitale d'un des royaumes les plus puissants de l'Inde centrale comme en temoigne encore son fort et son palais ou les singes se font plus nombreux que les touristes. Ici, les indiens vous laissent tranquilles, la campagne est a un jet de pierre, une douce torpeure vous envahit. Meme le marche est minuscule et calme. Beaucoup de marchands y propose a meme le sol des amas de poudres multicolores dans des coupelles metalliques. Ces poudres sont destinnees aux silks, ces marques sur le front que de nombreux indiens portent. Chaque couleure a une signification. L’un de ces marchants est un jeune adolescent a la langue bien pendue. A chaque fois qu'il nous croise, il se met aussitot a debiter un anglais a un rythme effrene. Au bout d'un moment plutot court, j'ai envie de prendre la tengante surtout qu'il ne sais parler que d'une chose: le sexe. Bon pour un garcon de 17 ans, c'est forcement un theme qui est tres present mais que celui-ci en parle de facon aussi cru a un couple d'occidentaux qu'il vient de rencontrer, ce n'est pas tres commun. Enfin de toute maniere, qu'y a-t-il de commun en Inde me direz-vous? Visiblement cela le travaille et il est heureux de pouvoir en parler a des oreilles comprehensives. Il me demande des conseils du genre comment aborder une fille, puis il nous raconte son histoire avec une jeune fille espagnole, leur nuit d'amour presque en detail et son desir qu'il a de la revoir, desir visiblement non reciproque. La encore quel contraste entre ces mots et la realite de la societe indienne ou jeter un regard appuye a une jeune fille est deja trop. Orcha, c'est le genre d'endroit ou on se surprend a avoir l’envie de prolonger son sejour tant son atmosphere est agreable. Durant ce voyage, il ne m'a pas fallu longtemps pour me mettre naturellement et logiquement au rythme indien. Un rythme certes plus lent mais plus reposant.
Le Kamasutra, qui ne connait pas? La ville de Khajuraho, ancienne capitale d’une lointaine dynastie est reputee pour ses nombreux temples aux riches sculptures dont certaines sont bien coquines. Eriges entre le X et le XII siecle, ces temples plutot bien conserves attirent de nombreux touristes…ainsi que la panoplie complete des suceurs de frics. A tel point que les habitants de cette petite ville remporte haut la main le pompon de la lourdeur. Avant meme l’arrivee, des rabbateurs vous tendent les cartes de leur hotels dans le bus. C’est une premiere! D’habitude c’est a la descente du bus ou du train qu’il vous faut affronter la meute. Et la vous avez interet a rester zen. Or, apres des heures en bus , c’est souvent un sacre challenge d’affronter dix mecs qui parlent en meme temps en vous demandant de les suivre dans leur rickshaw dans l’hotel de leur choix afin d’y toucher une comission. Et vous de payer plus chere la chambre. Lorsque vous leur donnez un nom d’hotel, il est pas rare qu’ils vous disent que celui-ci est ferme, complet ou Dieu sait quoi encore. Et si vous arrivez finalement dans vote hotel, le chauffeur se precipite dardar en expliquant a la reception, en indhi of course, que c’est lui qui vous a amenez ici. Bref, il faut etre vigilant! Et plutot deux fois qu’une. Je pourrais aussi vous parler des indiens qui viennent vous parler sous pretexte de faire votre connaissance et qui ensuite vous invite a venir dans un magazin, “juste pour voir”. Afin la aussi de toucher une commission.
Du classique tout cela mais Khajuraho en offre une incroyable concentration. A cote de l’ancien village, un nouveau quartier est sortit de terre pres des temples classes par l’UNESCO. Vous n’avez la qu’une succession d’hotels, de restaurants et de commerces divers. ”Come to my shop” y est la phrase la plus employee par ses habitants. “You want a chai?” (dans une boutique bien sur) est aussi bien placee au meme titre que “Haschich?” ou “Where are you going?”. On vous apostrophe constamment, certains ne comprenant pas la negation continuent en vous suivant. C’est alors qu’une mutation se produit inevitablement en vous au bout d’un certains temps. Vous devenez moins aimable, ne repondant plus aux gens qui vous interpellent, de ne les regardant meme plus, le regard ferme et fixe au loin. Face aux autochtones bien lourds qui vous suivent sur des centaines de metres, vous vous suprenez a les insulter et a user a tout va du “go away!”. Certes, vous n’aimez pas cette mutation mais vous savez que c’est un processus inevitable et necessaire au risque de perdre votre sante mentale. Vous finissez par adopter une regle vitale: ne faire confiance a aucun indien. Le pire dans cette ville c’est que vous pouvez meme inclure les enfants dans cette regle. Bien souvent , ils rapportent ainsi de l’argent a leur famille et ne vont plus a l’ecole. Il en est ainsi d’un garcon de 14 ans ,dont j’ai perdu le nom, qui lors de ces deux jours fit preuve de gentillesse et de sympathie a notre egard. Je me mefiais de lui et de son bagou. La suite m’a malheureusement donne raison. Le dernier jour, il nous amene a une agence de voyages afin que nous puissions acheter notre billet de train. Impossible en ce samedi, le bureau de reservation est ferme, il faut attendre lundi. Du coup, le type en profite pour essayer de nous vendre son tour dans la jungle. Nous nous eclipsons afin de nous rendre quand meme au bureau de reservation…qui n’etait point ferme du tout. Plus tard le gamin revient a la charge et je lui explique calmement que lui et son ami nous ont menti. Ce qui lui ferme enfin son clapet. Et encore a-t-il le culot de nous demander de bien vouloir que nous lui echangions une piece de deux euros…Je me souviens aussi d’un mome de 8 ans a peine qui se proposait d’etre notre guide. En jeans et chemise, affuble d’une paire de lunette de soleil trop grande, sa facon de parler et de se comporter donnait vraiment l’impression d’etre un adulte en miniature. Ou d’etre devenu trop vite un adulte.Vous l’aurez compris, Khajuraho est une bonne illustration de la pervesrion du tourisme de masse.Et encore n’est-ce sans doute que la face visible.
Apres une nuit en train en sleepers, nous arrivons dans la matinee a Varanasi. Au bord du Gange, c’est la ville sacree entre toutes pour les indhous. Vieille cite, Varanasi est un lieu mythique et mystique.C’est pour les indhous ce qu’est la Mecque pour les musulmans. Toute l’annee, des milliers de pelerins y viennent afin de se baigner dans les eaux sacrees du fleuve ou pour y mourire. Car mourir a Varanasi c’est la promesse d’acceder plus vite a la vie eternelle. Les nombreuses ghats qui permettent d’acceder au Gange sont un spectacle permanent devant lequel je ne me lasse jamais. Sur les escaliers, une foule heteroclite se croise tandis que de nombreuses embarquations sillonent les eaux noirs du fleuve. Sur ses rives, on y fait sa toilette, on s’y lavent et on y meurt. Deux lieux sont reserves aux incinerations qui se deroulent tout au long de la journee et une partie de la nuit. Jamais sans doute dans un meme lieu, la vie et la mort n’ont ete si proches. A quelques mettre des buchers sur lequels bien souvent des pieds carbonises trahissent un corps en train de bruler, des enfants jouent au cricket, des maries se promenent, des commercants appatent le client. Les corps des enfants et des femmes enceintes sont eux coules au fond du fleuve. Les plus riches se font bruler avec du bois de sentals au bord du fleuve, les pauvres ont droit au four.
Le lit du Gange, tres large ici pourtant, est multiplie par deux en periode de mousson. A l’aube, une brume recouvre ses eaux, empechant de voir la rive opposee. Les barques y glissent lentement, fantomatiques. Les silhouettes des palais des maradjhas et des temples se decoupent dans une atmosphere irreelle. Le soleil rouge finit par perce la brume, les eaux scientillent, moment magique ou le voile s’evapore et ou une douce lumiere orangee recouvre les ghats et la vie qui s’y tient. Les indiens lavent leur linge ainsi qu’eux memes. Les eaux saintes sont saturees d’une pollution presque palpable: dechets divers, organiques, restes de corps, cendres et que sais-je encore…Et dire que les indiens boivent cette eau…Chaque soir, une ceremonie, la Puja, voit les eaux du fleuve se couvrirent de lumieres, les offrandes aux dieux. Sur les gaths et dans la veille ville, veritable labyrinthe, se croisent sadhus, brahmanes, gurus recitant des prieres dans divers positions, adeptes de la meditation et du yoga, rabatteurs de toutes sortes, masseurs, mendiants, babas plus ou moins cools, jeunes occidentaux en pleine crise mystique (ou psychologique), vaches et singes sauvages ainsi que des defunts que l’on amene au bucher. Beaucoup de coreens, de chinois et de japonais dans la ville car Sarnath, l’une des villes sacrees du Boudhisme est a quelques kilometres de la. Boudha, apres son illumination a Bodhagaya (a l’est de Varanasi) y a tenue sous un arbre son premier discours.
Depuis Agra, la temperature a nettement augmente, les nuits fraiches du Rajasthan ne sont plus de mise ici. Une agreable chaleure s’est posee sur le ville. Conquis par Varanasi, nous y restons finalement pres d’une semaine. Demain, autre ambiance, autre environnement, nous serons au Nepal dans le parc naturel de Chitwan, dernier royaume des elephants et des tigres du Bengale.