Derniere journee a Varanasi. Derniere ballade le long de ses gahts si incroyables. Des echanges avec des sadhus, une petite fille vend des fleurs pour des offrandes au Gangw tandis que derriere elle, les corps brulent. Dans les etroites rues de la veille ville encombrees, les marchandises sont acheminees par la force humaine. Des indiens poussent de lourdes charrettes en bois chargees de merchandises et de ballots colores. Des ricksahw font de meme. Mais tous dans l’effort doivent souvent ceder le passage a une vache sacree imperturbable. Aujourd’hui, nuit de plein lune, sa clarte illumine pour nous une derniere fois les eaux noirs du Gange. J’aime Varanasi!
Nous attendons le train de nuit a Varanasi pour Gorakpur. Cette ville indienne n’echappe a l’anonyma pour le voyageur lambda qu’en raison de sa situation geographique qui la met a 4 heures de bus de la frontiere nepalaise. Devant l’entrée de la gare, une vache de garde lorgne vers nous. Le hall est litteralement recouvert de gens dormant a meme le sol sous une couverture. Des familles entieres vont prendre la un train nocturne qui se fera sans doute attendre dans la fraicheur de la nuit. Le notre a un peu de retard mais nous trouvons facilement notre place en Sleeper Class. La SL c’est loin d’etre la classe. Le compartiment est bruyant a souhait malgre l’heure desesperement tardive. Une bande de jeunes c… n’arretent pas s’esclaffer et de parler, enfin de hurler plutot. Cela va durer une bonne partie de la nuit et malgre mes boules quies, je reve qu’ils brulent en enfer. En plus de cela, de petites bestioles courent sur les parois de ma couchette. Je m’enfonce dans mon sac a viande et tombe dans un demi sommeil agite.
Je me reveille au petit jour, une brume recouvre encore la plate campagne indienne. Une fois arrive a Gorakpur, non loin de la gare, nous prenons un bus pour quelques heures bien secouantes jusqu’a la frontiere. Benie soit-elle, la voila enfin. Nos premieres heures au Nepal ne nous en donne guere une bonne impression. En effet, nous loupons de peu le dernier bus pour Pokara. En fait, il restait bien une possibilite: un bus local qui partant a 17h n’arrivait que le lendemain a 6h….Je vous laisse imaginer le trajet. Comme moi et ma partemaire ne sommes pas, vraiment, masochiste, nous optons pour une solution de nouveau prince: un taxi rien que pour nous deux pour 45 euros. En cette fin de journee, nous traversons rapidement le Terail, cette mince plaine separant le Nepal du geant indien. La petite susuzi commence vite a eprouver les difficultes des premiers cols. Les virages sont inombrables et la route desastreuse. Le paysage est beau, le soleil decline rapidement avant de s’effacer derriere les verts sommets. La route est longue, a chaque borne kilometrique, le chauffeur soupire devant le nombre de kilometres restant, comme on le comprend…
Sur la route, notre chauffeur s’arrete dans un village afin de vendre le baril d’essence qu’il avait jete dans le coffre a notre depart. Car ici le prix de l’essence est proportionnel a l’altitude. Depuis quelques temps, le prix de l’essence est un vrai probleme au Nepal. Ailleurs aussi me direz-vous vu le prix historique du baril. Mais dans un pays comme le Nepal, les repercussions sont bien plus dramatiques pour la grande majorite de la population. Rien qu’une augmentation du ticket de bus met dans la difficulte beaucoup de travailleurs. Or depuis quelques temps, le petrol manque et les stations sont soumises au rationnement. A cela s’ajoute la situation politique du pays extremement tendu a la veille des elections d’avril prochain. Car ce royaume millenaire est a la veille d’un changement historique:la fin de la monarchie annoncee apres l’election prochaine d’une assemblee constituante. Depuis plus de 10 ans une guerre civile oppose le mouvement maoiste a l’armee. Depuis ceux-ci ont depose les armes et ont de bonnes chances de rafler la mise aux elections. Les nepalais esperent une transition en douceur. Passer en quelques annnees d’une monarchie absolue a une republique sans violence serait deja en soit presque historique…Le Nepal c’est un des pays les plus pauvres du monde. En ce debut de millenaire encore, on mourrait de famine dans les villages de l’ouest du pays. Le tourisme est le poumon de l’economie nepalaise. Et en ce moment, en raisons des tensions, les touristes ne sont pas en nombre. Il est vrai que ce n’est pas la meilleure periode pour venire ici. Certaines routes sont bloquees par l’armee telle celle de Lumbini ou naquit Boudha.
Pokara est l’un des deux poles majeurs du tourisme national avec la vallee de Katmandou. Au pied de l’Annapurna, cette petite ville s’est vite convertie au tourisme. La mecque des trekkeurs possede tout un quartier qui leur ai consacre le long des rives de son lac, le deuxieme de par sa superficie au niveau national. Les agences de trek, de materiels divers y pilulent tout comme les restaurents et les hotels parfois vide. Nous allons passer ici 4 jours reposants entoures par une nature genereuse. Que de difference avec l’Inde! A la table d’un resto au bord du lac, avec ces belles montagnes autour, on a plus l’impression de se trouver dans les Alpes qu’au Nepal. Je trouve les nepalais plus souriants et surtout beaucoup moins lourds que les indiens. Bref, ils sont plus agreables. Par contre il est vrai que cela manque de vie et de couleurs par rapport a l'Inde. L'inde c'est plus difficile mais c'est plus intense et stimulant. C'est aussi plus bruyant, plus crade, le tout avec plein d'odeurs plus ou moins heureuses.... Et ou sont passees les vaches sacres ici? Au bout de quelques jours a me la couler douce, je me surprend a regretter un peu l'Inde. Ballades a pied, a velo, en barque autour de Pokara mais point de trek. Il faut dire que Rebecca a recolte a son tour une bacterie intestinale dont j'ai oublie le doux nom. Nous prenons malgre tout un bus pour le sud et le Park Royal National de Chitwan. Nous allons y passer un bref sejour intense.
Voici le tableau. A l'aube nous demarrons par une ballade en pirogue afin d'observer les differentes especes d'oiseaux peuplant le parc. Ceux-ci sont pares de belles couleures vives. A tel point que j'en viens a designer au guide un oiseau bleu vif immobile sur la berge. Je m'apercois vite qu'en fait il s'agit d'un sot en plastique bleu…Je vire au rouge de confusion. Avant d'en rire. Ensuite nous enchainons par une marche en foret qui nous permet d'apercevoir des singes et un crocodile. Mais le plus marquant est a venir. La ballade en jeep de la journee est un sacre souvenir: nous croisons alors des elephants sauvages et surtout deux rhinoceros. Apres les avoir observes dans la foret, ceux-ci vont traverser la piste a quelques mettres devant nous. Moment magique. Ces mastodontes tournent alors un bref moment leurs tetes vers le troupeau de touristes que nous sommes. Armes de nos autofocus, il vallait mieux que les rhinos ne decident pas sur un coup de corne a charger. Car cela aurait ete la panique dans nos rangs, entre de vieux allemands aux ventres tripotants et une charmante americaine en tongue, nous n'aurions pas fait le poids! Autre souvenir d'anthologie: la rencontre avec 7 ours et notamment l'un d'eux que nous avons eu le loisir d'observer d'assez pres. Traversant la piste a quelques metres de nous, il s'est mis alors a marcher vers un militaire arrivant gaiement sur son velo charge d'oeufs frais. Celui-ci eu tot fait de monter dans un arbre. Point de remake du courbeau et du renard, le plantigrade lasse pris vite la tangente vers les eppais fourres. Et nous nous en primes plein les mirrettes!
Le lendemain a l'aube avant de partir pour Katmandou, nous nous offrons une ballade en elephant dans le park. Ca tangue tout la-haut, nous nous prenons quelques branches dans la figure mais la encore quel souvenir! La brume recouvre encore le paysage lorsque nous partons de notre lodge a dos d'elephant. Dans le silence de l'epaisse foret, seul le bruit de notre monture ( et des craquements de branches sur son passage!) se fait entendre. Notre "chauffeur" nous designe ces animaux d'habitude invisible: cerfs, dains et compagnie pululent tout autour de nous. Ils sont parfois a deux metres de nous. Ils ne s'enfuit pas.Sans doute l'odeur habituel pour eux de l'elephant nous cache a leur odorat. C'est beau a voir. Une fois la ballade terminee, le pachyderme de 4 tonnes recoit de notre part quelques regimes de bananes bien vite engloutis avec plaisir.
Le park est parseme de camps militaire. L'arme n'est pas la pour se defendre d'une attaque des maoistes. Non, son but est de proteger les animaux du park des braconniers. Les soldats ont ordre d'abbatre sans sommation tout braconnier dans leur ligne de mire. Bref, ca rigole pas.Il faut dire que le park abrite des especes en voie de disparition: elephants, rhinos et le celebre tigre du Bengale. Avoir la chance de l'apercevoir, c'est un peu comme trouver le saint-graal pour l’amateur de safaris. On a pas eu cette chance la. Quant aux dauphins du Gange, c'est termine pour lui. Vu la pollution du fleuve, c'etait deja de la torture. Les safaris, je ne connaissais pas et bien je suis devenu fan! A quand un sejour safari au Kenya?