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«L'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe L'Inde du Nord à la fin des années 1990. Depuis quinze ans, un journaliste et son envoûtante femme Fizz vivent une intense passion amoureuse antreChandigarh et Delhi. Mais une étrange découverte dans leur vieille maison, accrochée aux contreforts de l'Himalaya, fait basculer leur couple. Au cœur de cette demeure délabrée, soixante-quatre épais carnets reliés de cuir livrent les secrets de Catherine, une intrépide aventurière américaine et précédente propriétaire de la maison. Subjugué par la lecture de ces carnets très intimes, le narrateur s'éloigne peu à peu de Fizz. Le journal de Catherine l'entraîne à Chicago, Londres et Paris au tournant du XXe siècle, puis dans le tourbillon de l'histoire de l'Inde à la veille de son indépendance. Il lui apporte aussi les clefs des énigmes de l'alchimie du désir et de l'amour. Salué en Inde et en Angleterre comme un incontestable événement littéraire dans le ciel de la fiction contemporaine, Loin de Chandigarh est avant tout le roman de l'Inde d'aujourd'hui. Porté par une écriture forte et incantatoire, sans concession pour les nostalgies de l'orientalisme, et traversé par un érotisme puissant, Loin de Chandigarh fait de Tarun J Tejpal l'écrivain le plus important de sa génération. »
Quel roman ! Ambitieux, complexes et fort. Voilà un roman imposant (près de 700 pages) que j’ai beaucoup aimé. L’auteur y traite avec talent des thèmes comme l’amour, le sexe, le travail, la passion, le destin, bref la vie. La toile de fond de cette histoire est un portrait de l’Inde, de ses évolutions et de ses contradictions, entre tradition et modernité.
La première phrase donne le ton du roman: «L'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe.» Il s’ensuit une description de l’incroyable passion qui lie les deux protagonistes principaux du roman, passion remis en cause par la découverte des carnets intimes d’une aventurière américaine. Le plus marquant dans ce roman très bien écrit, ce sont les nombreux passages érotiques. Dans un style imagé, flamboyant et passionné, sans jamais être vulgaire, l’auteur décrit avec virtuosité les scènes d’amours. Des passages forts. Tout au long de cette love story, le narrateur, journaliste se rêvant en écrivain, se débat avec un roman qui sans cesse lui échappe. Empreints de réflexions, de fantaisies et d’émotions, un coup de maître pour un premier roman !
Morceaux choisis :
« Fizz était sur le bord du lit et je respirais son amour et je goûtais son amour et j’entendais son amour et mon amour se tendait vers son amour et j’arrivais là où était ma place, là où je voulais vivre et mourir et le monde était un bout de peau et le monde était deux bouts de peau et le monde n’était que bouts de peau et le monde était liquide et le monde était serré et le monde était un fourneau et le monde se mouvait et le monde glissait et le monde explosait et le monde finissait et le monde finissait et le monde cessa d’exister. »
« Je connaissais leur grand cœur et je savais combien ils se feraient facilement laminer. C’était l’histoire de tous les paysans du monde. Ils abordent le monde nouveau armé de leur seule générosité. Mais le monde moderne ne leur accorde aucune valeur. Ils sont laissés en rade au carrefour de l’histoire, et bientôt dépassés par la circulation déferlante du développement et de la croissance, stoppés par le feu rouge des lois dernier cri et des théories économiques, mis à la fourrière par les gendarmes des rois d’entreprise. »
« Lorsque les histoires sont inconsistantes, alors l’amour l’est aussi. Les histoires que s’échangent les amants parlent d’eux-mêmes, de leur passé, de leur avenir, de leur caractère unique, inévitable, de leur invincibilité. De leurs rêves, de leurs fantasmes, des coins et recoins de leurs peurs et de leurs perversions Ceux qui sont capables de raconter leurs histoires avec force créent un amour fort. Ceux qui en sont incapables ne connaissent jamais le sentiment amoureux. »